Et 1 et 2 et 3-0 ! Retour sur le 1er mai 2009
Les socialistes du 14eme étaient présents lors des manifestations du 1er mai. Julien, militant du 14eme revient sur cette belle journée de mobilisation.
“Le soleil des grands jours, un parcours bariolé d’affiches, un cortège unitaire et 280 manifestations en province, le 1ermai s’annonce exceptionnel. Au soir de la manifestation 1,2 millions de manifestants ont battu le pavé de Paris, des grandes villes mais, il faut aussi le souligner, de petites localités frappées de plein fouet par la crise.
La commémoration du 1er mai initiée par la première internationale en souvenir d’un massacre d’ouvriers américains est certes une tradition. Mais elle est surtout devenue au fil des ans le baromètre attentif des luttes sociales. En 2008 les manifestations du 1er mai réunissaient 120000 personnes en France… Dix fois plus cette année ! C’est l’évènement du troisième round social contre les politiques régressives du gouvernement et sa gestion calamiteuse de la crise. 35000 à Marseille, 20000 à Lille, 30000 à Grenoble, 165000 à Paris ce sont surtout les chiffres des défilés des zones sinistrées comme Compiègne territoire des « contis », où 5000 personnes ont défilé, qui interpellent.
Dans les cortèges les syndicats unis, une première depuis 1947, FO défilant traditionnellement seule, les partis présents en masse. 5 à 10000 Socialistes occupant la rue Soufflot du Luxembourg au Panthéon, unis et mobilisés avec en tête comme un air de 1981. Le MJS présent en nombre est venu renforcer et rajeunir le retour salué des militants et cadres socialistes dans la rue.
L’unité d’action syndicale et la forte mobilisation de toute la gauche ne doivent toutefois pas occulter les zones d’ombre. La force des cortèges contraste avec l’absence de revendication symbolique identifiée. Les mots d’ordre sonnent plus comme le reflet de désespoirs personnels ou sectoriels que comme l’annonce d’un basculement politique conscient et organisé. Dans la rue les chômeurs, les inquiets, les précaires, les militants, les oubliés… Les manifestants professionnels et ceux nombreux pour qui c’est la grande première. Du public, du privé, de gauche et même de droite ils sont là présents pour la troisième journée moins nombreux mais pas moins inquiets.
Ce contraste appelle un constat d’urgence. La droite fait le dos rond et attend le passage de la crise en accusant « le sort ». Elle continue sa politique avec une régularité insolente. Face à elle la gauche doit trouver le chemin de la réunion et de la cohésion avec sa base sociologique : les classes populaires.
La France qui souffre aujourd’hui de la crise c’est la France des salariés actifs, des chômeurs et retraités, c’est la France des jeunes précarisés, des invisibles, des déçus aussi. Les socialistes doivent assumer un discours de reconquête active et ambitieuse des leviers du pouvoir pour transformer la société en profondeur sur les bases qui sont les siennes celles de la justice sociale, de l’égalité et de la démocratie sociale comme modèle de société.
Le capitalisme qui vit sa plus grave crise historique révèle la pertinence de nos vues en même temps que sa fragilité structurelle. C’est une occasion qu’il faut saisir dans l’unité pour espérer à donner un coup d’arrêt aux réformes conservatrices. Renforcer le service publique, restaurer le pouvoir d’achat par la redistribution des richesses, protéger et pourquoi pas garantir l’emploi, offrir un avenir à la jeunesse et un débouché politique aux revendications issues des mouvements de contestation, c’est notre ambition, à nous maintenant d’isoler les slogans et de prioriser les objectifs pour déterminer un axe identifiant de revendication crédible en réponse à la crise.
Au moment où le gouvernement annonce la suppression de 34000 postes de fonctionnaires la suite annoncée du mouvement est pour le 23 mais et le 16 juin respectivement pour une journée de grève et de mobilisation puis pour une nouvelle journée de manifestation à l’appel de l’intersyndicale.
Julien
